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Sit-in à Dalifort-foirail : les femmes crient leur ras-le-bol

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Leur commune est bâtie dans une sorte de marécage. Elles sont tout le temps victimes d’inondations et en proie à l’insécurité et à toutes sortes de maladies. A travers un sit-in, elles ont exigé des solutions, et menacent même de marcher sur le palais.

Après des années de vaine espérance et devant la menace que constitue l’autoroute à péage qui passe à quelques pas de leurs maisons, les femmes de Dalifort-Foirail ont organisé, samedi dernier, un sit-in pour crier leur ras-le-bol. Le rassemblement autour de l’autoroute leur étant interdit par le maire, Kansoumbaly Ndiaye, sous prétexte qu’elles n’avaient pas d’autorisation, elles se sont rabattues sur le terrain de basket, munies de foulards et de brassards rouges, de pancartes, de banderoles et autres supports, scandant des slogans.

Selon Ken Bougoul Lô, « nous sommes venues parler à Abdoulaye Wade pour exiger l’assainissement de notre commune. Nous en souffrons beaucoup. Nous pataugeons dans la boue. Nos enfants attrapent toujours des malades (choléra, diarrhées, etc.). En 2004, on nous avait demandé de cotiser 4 000 frs par famille pour régler ce problème. Depuis lors, on se borne à nous répéter que les dossiers sont en cours. Dans deux mois, ce sera la saison des pluies, et nous serons obligés de sortir de nos maisons pour aller louer des chambres ailleurs. Nous demandons à Me Wade la canalisation du quartier, car nous sommes des citoyens à part entière. Un mur sera érigé entre l’autoroute et les maisons, mais celle-ci sera dotée d’un tuyau auquel nous voulons être connectés ».

Les inondations, l’autoroute… Le mur de l’autoroute, selon elle, sera source de problèmes, après celui de la voie ferrée. « Nous allons nous retrouver enfermés. Avec la hauteur que prend cette route, nous serons dans une sorte de ravin et toutes les eaux de pluie vont s’écouler vers nos maisons. Il y a trois ans, nous étions comme dans une mer. Ce qui a entraîné la mort de deux personnes. Cela risque de se répéter encore », avertit-elle. D’après Adama Cissé, les populations ne dorment plus en paix à cause des dangers. « Nous risquons de vivre une situation pire qu’en 2005. Nous demandons vivement au président de nous entendre, parce que nous avons remarqué que les intermédiaires ne règlent rien. Les femmes versent les eaux usées dans la rue, causant ainsi le paludisme et toutes sortes de maladies. Actuellement, nous n’avons pas d’interlocuteur. Une délégation était allée rencontrer le maire, mais celui-ci semble ne pas trouver de solutions à nos problèmes. Pire, il ne nous écoute même pas. On en a marre ». Ce qu’appuie Nafissatou Cissé selon qui, « on en a ras-le-bol. On ne mange plus à notre faim. A chaque fin de mois, nous dégageons un budget spécial pour le vidange des fosses. Nous ne sommes plus en sécurité. Pendant l’hivernage, les taxis ne veulent plus entrer ici. Et tout le temps, nous sommes victimes d’agressions. Quand nous allons voir notre maire, il nous répond que c’est un problème général. Nous avons d’autres préoccupations, comme des routes de qualité, mais notre problème primordial, demeure la canalisation. Concernant l’autoroute, les ouvriers sont en train de superposer les nattes. Ils en ont déjà installé cinq et comptent en mettre sept. Ce qui nous inquiète, car nous allons nous retrouver en contrebas ». Et de menacer que si, deux mois après cette marche, on ne fait rien pour elles, les femmes vont marcher sur le palais de la République pour se faire entendre par Wade.

Nécessité d’une maternité Fatou Kiné Diop dénonce le défaut de lumière, depuis un an, sur l’autoroute. Ainsi, les agresseurs leur mènent la vie dure. Ce qui lui fait réclamer un poste de police. En plus, pour elle, quand il pleut, il est impossible d’accéder à la maternité qui ne compte que deux lits et manque terriblement d’équipements. L’espace allant de la mairie à la maternité étant inondé, les femmes accouchent à domicile, dit-elle, avant d’exiger, en plus, un lieu de collecte d’ordures. A propos de la maternité, le cas de Yakaty Sow est assez pathétique : « Pendant l’hivernage passé, j’ai accouché à la maternité. Le taxi ne voulait pas y entrer. Ce jour, j’ai tant saigné que j’ai été obligée de faire le tour de cinq hôpitaux. J’ai atterri à l’hôpital Principal, avec des palpitations. On m’a révélé que j’avais des problèmes cardiaques. J’ai accouché d’un prématuré qui a séjourné pendant un mois et huit jours à l’hôpital. Après, pour récupérer mon bébé, on m’a réclamé 1 million 800 000 frs. Tout cela, à cause d’une maternité inondée qui a failli me coûter la vie ».

Une autre dame parle de la ligne haute-tension qui émet des étincelles et à côté de laquelle des mécaniciens ont établi leurs garages avec leur matériel de soudure. Leurs camions, en plus de boucher les rues, pénètrent très souvent dans les maisons dont ils abattent les murs de clôture. Il y a quelques jours, un de ces engins a tué un élève. En plus, les ruelles servent de déviation à l’autoroute. Récemment, une nuit, un bus a failli percuter un immeuble, car il y faisait sombre. Et les bandits s’y cachent la nuit, guettant les habitants à agresser. Ces mécaniciens rétorquent chaque fois, que nul ne peut les dégager de là, car ils ont reçu l’autorisation du maire et paient régulièrement des taxes. Fily Diop confirme qu’un jour, un camion est rentré dans sa maison. Quand elle est allée à la gendarmerie de Hann, les hommes en bleu lui ont conseillé de négocier avec le chauffeur pour les réparations. Elle a eu droit à un rafistolage qui l’a obligée à tout reprendre, avec ses propres moyens.

A la mairie de la commune, on nous a appris que le maire se trouvait au foyer. Mais sur place, un des accompagnateurs de Kansoumbaly nous a fait savoir que ce dernier n’était pas disposé à parler à la presse.

seneweb

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