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L’année 2007, un tournant pour le « rap galsène » La nouvelle génération s’impose et imprime une nouvelle philosophie pour détrôner les Old School

L’influence américaine se fait de plus en plus accrue dans le monde du rap. Et le Sénégal n’est pas épargné par cette déferlante. À tel point que le « rap galsèn » connaît un nouveau tournant. L’apparition du Dirty South, un style sous-genre du rap venu du sud des Usa,i se manifeste par une tendance à faire passer la forme avant le fond. L’année 2007 a ainsi contribué à l’éclosion de jeunes talents qui ont littéralement bouleversé le milieu avec un regard nouveau. De la musique…dansable avant tout !

La nouvelle génération du rap s’est-elle désengagé pour se mettre au diapason mondial ? Si l’avènement du Rap’Adio vers la fin des années 90 a été déterminant dans le mouvement du rap sénégalais, l’année 2007 qui décline ses dernières feuilles sur le calendrier n’en a pas moins constitué un tournant important. En effet, le célèbre groupe avait révolutionné le style du rap en imposant un rap rebelle, engagé à l’extrême pour la cause politico-sociale à la place du « rap love » qui avait fini de faire des vagues sur les ondes. La réussite ne se fit pas attendre puisque les anciens comme le Pbs, Daara J, Pee Froiss et à degré moindre Da Brains se résolurent finalement à corser un peu plus leur discours pour ne pas disparaître – à l’instar des chantres du rap love comme Black Mbolo ou Jant Bi - dans le creux de la vague à cause du rythme infernal imposé par le Rap’Adio, matérialisé plus tard par la sortie de la compilation « D Kill Rap » (faire renaître le rap).

Révolution dans le mouvement

Une dizaine d’années plus tard, force est de constater que le mouvement hip-hop du Sénégal prend une nouvelle orientation avec des influences nouvelles. Au sentiment de révolte général et au vent de changement qui souffla vers le début du 3e millénaire avec l’alternance comme corollaire, succède une tout autre situation. Qui est marquée par l’éclatement de la plupart des groupes légendaires (Pbs, Cbv, Bamba J Fall, etc.) et l’absence de plus en plus constatable des anciens dans la production d’albums sur le marché, se consacrant tout au plus à quelques concerts et des duos. Sans nul doute, comme le confirme un animateur que nous avons accroché sur la question, les “old school” comme on les appelle se sont embourgeoisés au fil du temps. Il en veut pour preuve leur présence de plus en plus rare sur la scène, laissant la place à des jeunes aux dents longues et acérées, qu’ils ont pourtant couvé et cajolé. Pour la plupart des observateurs, le déclic date d’il y a trois ans, en 2004, même si les résultats n’ont commencé à être perçu que cette année. Les influences ont changé. Maintenant, ce sont les T Pain, Akon, Rick Ross, Souljaboys ou Rohff, qui servent de modèle, même si les Xuman, Nix ou Keyti ont servi de précurseur. Le rap engagé n’est pas mort, mais pour reprendre Xuman, il a subi des influences nouvelles, un lifting qui a fini de faire le tour du monde et qui n’épargne pas le Sénégal. Un tout nouveau style apparaît. C’est le « crunk », sous-genre du Dirty South. Il a réussi à développer une identité propre, très différente des deux grands styles de rap américain que sont le “West Coast” et le “East Coast”. On le “consomme” dans les boîtes de nuit, les voitures et dans les chambres. Au lieu de laisser les jeunes, public visé, ne danser qu’aux sons des rappeurs étrangers, ils ont décidé de faire comme eux et aussi bien qu’eux. Le rythme prend une proportion plus grande.

Génération hip-hop feeling

En 2004 en effet, l’émission « Hip Hop Feeling » est lancée sur la chaîne culturelle 2stv par le rappeur Fata pour détecter les jeunes talents de l’underground via un concours portant sur les différentes composantes du Hip Hop et produire les meilleurs qui en ressortiront. L’émission connut un succès éclatant à telle enseigne que les jeunes pousses qui fourbissaient leurs armes à côté des « grands » se révèlent au grand public avec un talent certain. Les amateurs diront même fou. C’est le cas des Thieuf, No Name, Canabasse, Reskapé pour n’en citer que ceux-là. Cette génération « Hip Hop Feeling », ajoutée à d’autres nouveaux à la même vision comme Dioumbi, Free Style, Nit Doff, Amen Ô Fils ou Bibs a au moins eu pour mérite d’avoir imprimé un nouveau style qui contraste d’avec celui de leurs prédécesseurs dans le milieu. On ne “rape” plus exclusivement en wolof, encore moins dans le but unique de tirer à boulets rouges sur les hommes politiques ou sur les hommes et femmes aux mœurs légères. « Sans leur manquer de respect, disons qu’ils (les anciens) ont déjà suffisamment exploré ce créneau avec le résultat que l’on connaît », confesse Canabasse. La tendance qui se dégage désormais, c’est le rap qui assume et vit à fond ses influences américaines et cherche par là même à suivre tant bien que mal le train de la mondialisation.

Mondialisation, professionnalisation

On chante carrément à l’américaine, « à la N.Y (new yorkaise), à la Dirty South » avec des instrus et des beat qui n’ont rien à envier à ceux des occidentaux. L’objectif, c’est de produire des tubes qui pourront tenir la comparaison avec les Eminem, 50 Cent, Jay Z, Llyod Banks et autres Rick Ross. Prétentieux vous dites ? Oh que non ! La réussite insolente de Akon - Sénégalais d’origine parmi ces grands noms - a sans doute suffi de les convaincre du talent “made in Galsen”. « Dans un contexte de mondialisation, il faut obéir aux tendances musicales du moment, à savoir la domination du Dirty South dans le monde du Hip Hop », souligne Canabasse, qui vient de mettre sur le marché un Cd, avec un tube « Pop a shit » qui fait un tabac. La particularité du style de la nouvelle génération, dans laquelle on pourrait par ailleurs mettre les groupes Black Diamonds ou Chronik 2H, c’est les moyens utilisés pour séduire le public visé. Dans la façon d’aborder les thèmes chantés, de faire les clips et même de faire sa promotion. On sort des singles et des mixtapes avant les albums, on investit la télé et la toile. Et au lieu de « crier sur tous les toits la lutte contre la piraterie », ces jeunes demandent à leurs fans…de partager leurs produits dans leurs blogs très bien structurés pour les vulgariser et se faire connaître davantage. De même, ils tendent de plus en plus vers la professionnalisation en insérant des instrumentaux riches et variés et en chantant sur des « flow » proches de celles des stars américaines. Ainsi, l’on ne se contente plus de sortir des albums qu’on ne fredonne que dans les chambres ou entre amis pour décrypter le message, mais on produit plus des tubes qui pourront aussi faire des ravages dans les boîtes de nuit et qui peuvent être présentés aux quatre coins du monde. L’important ce n’est plus de lancer un message, mais bien de faire apprécier un produit musical. “Pop a shit”, “make it money”, “ghetto break”, “safuloo” sont autant de tubes qui ont cartonné cette année, plus par leur capacité à faire danser, leurs sonorités et leurs qualités musicales que par les messages qu’ils font passer. « La forme avant le fond, car avant tout c’est de la musique » dit Bass the Boss.

Suivre le train ou…disparaître

Et certains anciens qui ne veulent pas rater le train de l’histoire s’y mettent. Pour ne pas disparaître. C’est le cas de Nix, ou de Gunman Xuman avec son morceau Bal Poussière tiré de son dernier album. Ce dernier, un des plus anciens et respectés du rap sénégalais de renchérir : « On ne fait pas de la musique uniquement pour se faire écouter ou pour dénoncer quelque chose, il y a aussi le but lucratif. Même s’il y a un message à faire passer, la musique est avant tout un art. Quoi qu’on puisse dire, les rappeurs ne faisaient pas assez d’efforts pour produire des sons dansables. » À la nouvelle génération, Xuman concède d’ailleurs qu’elle a un grand mérite et de l’ingéniosité car il n’est pas évident de copier un “flow” américain avec des paroles en langues nationales. La grande question c’est maintenant de savoir si cette tendance survivra longtemps car d’autres ont fait long feu avec des influences arabes, reggaeton ou salsa. Toujours est-il que la nouvelle tendance « Dirty South », avec sa musique avant tout dansable connaît un succès sans précédent. Et les anciens ont l’obligation de suivre la marche pour ne pas être rétrogrades.

Par BABACAR NDAW FAYE,
Source : L’observateur

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