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GORGUI NDIAYE : Un ambassadeur et digne fils de « teng Guedj ».

C’est dans une ambiance fort chaleureuse, décontractée, et digne d’un conte de fées, dans cette banlieue dakaroise qu’est Rufisque et qui garde jalousement ses souvenirs de ville d’antan nantie, que nous avons pu approcher ce digne fils « léboue » en l’occurrence Gorgui Ndiaye. Un homme sans façon qui se trace lentement mais sûrement un glorieux parcours dans le monde de la musique, tentative qui n’est pas aisée à l’en croire et comportant beaucoup de tracas…

GORGUI NDIAYE : Un ambassadeur et digne fils de « teng Guedj ».
C’est dans une ambiance fort chaleureuse, décontractée, et digne d’un conte de fées, dans cette banlieue dakaroise qu’est Rufisque et qui garde jalousement ses souvenirs de ville d’antan nantie, que nous avons pu approcher ce digne fils « léboue » en l’occurrence Gorgui Ndiaye. Un homme sans façon qui se trace lentement mais sûrement un glorieux parcours dans le monde de la musique, tentative qui n’est pas aisée à l’en croire et comportant beaucoup de tracas…

Gorgui Ndiaye peut-il se présenter aux fidèles internautes d’awa-net.net ?

Bon tout simplement, je m’appelle Gorgui Ndiaye, né à Rufisque où j’y ai grandi. Rufisque est mon fief et je l’aime de tout mon cœur. Et enfin, comme tout le monde le sait certainement, je suis artiste-compositeur.

Depuis quand faites vous de la musique ?

J’ai commencé à chanter dans les années 1989.

Peut-on savoir qu’est ce qui vous a motivé ?

Vous n’êtes pas sans savoir que je suis né dans une famille Gaolo. Presque toute ma famille chante, mon père, ma tante paternelle et tout. Ainsi, dans un tel environnement je ne peux pas ne pas chanter. Je suis gaolo de père et de mère. Les chansons nourrissent mon âme et c’est avec un immense plaisir que je me définis comme chanteur.

Alors entre Rufisque et Gorgui Ndiaye, est ce une histoire d’amour ?

Non mieux que ça. Rufisque, je dirais que c’est ce que j’ai de plus beau et quelque soit la position que j’aurais à occuper un jour, je resterai toujours ce digne fils de « teng Guedj ». Un chanteur disait à juste titre qu’on ne peut jamais être plus élevé que sa ville natale et c’est justement mon cas. Je dirais que Rufisque est regorgée d’artistes talentueux. Je suis léboue de Rufisque, je le revenque c’est mon droit et je le resterai ma vie durant !

Le mbalax reste-t-il votre seul style de musique ?

Bien sûr ! Mais j’ajouterais que c’est un mbalakh métissé. Il y a du tout dans mes morceaux, en allant de l’acoustique, au jazz, entre autre. Dans ce contexte de mondialisation, nous devons pouvoir faire adapter nos chansons à l’exigence du monde entier. Ainsi elle se vendrait mieux surtout au niveau international. Je pense que pour faire écouter de la musique sénégalaise à un européen par exemple, il n’est pas obligatoire de lui parler européen dans les textes. Il faut savoir bien le mixer tout en le faisant provenir directement du cœur car ne dit-on pas que ce qui vient du cœur va directement au cœur. Il suffit de suivre son cœur et le reste vient tout seul et d’avoir aussi du talent de chanteur c’est
extrêmement important.

Justement, revenons aux thèmes que vous abordez. Quelle est votre source d’inspiration ?

D’abord je suis sénégalais et comme tout sénégalais, je vis les réalités sénégalaises. En tant qu’artiste, je dois pouvoir apporter ma pierre à l’édifice. Au Sénégal, rien ne semble plus aller comme on le veut. Je m’inspire beaucoup de nos réalités quotidiennes telles que les grossesses non désirées, l’importance de la bénédiction d’une mère pour son enfant…

Pourtant vous avez parlé de l’émigration clandestine dans votre dernier album Arc en ciel ?

Oui « Mbeekk mi » c’est-à-dire l’immigration clandestine et les problèmes qu’elle engendre inexorablement dans les familles. Presque chaque famille à sa part du gâteau (et si je dis gâteau, je suis en train sûrement d’ironiser) dans ce terrible fléau. Rufisque est une ville à majorité léboue et partout où il ya des léboues, ce phénomène tant à se développer immanquablement du fait du type d’activité qu’ils développent, la pêche en haute mer alors vous voyez bien le lien. Je ne cesse de recevoir des coups de fil de parents qui ont eu des proches victimes de ce fléau. Ils apprécient beaucoup ce morceau et j’ai énormément mal pour eux. Il suffit de se mettre un tout petit instant à leur place pour comprendre combien est grande leur douleur ! Il faut vraiment que des solutions efficaces soient apportées au plus vite pour éradiquer une bonne fois ce phénomène qui dépeuple de plus en plus le Sénégal et au-delà de nos frontières, l’Afrique toute entière.

Donc à vous entendre parlez, l’album marche bien ?

On remercie le Bon Dieu. Tous les fans ont apprécié et continuent d’en redemander donc ça se passe bien. Le point noir dans tout cela c’est la piraterie qui ne cesse de gangrener le milieu de la musique. Il faut vraiment les moyens pour rayer ce mal. Sinon c’est la catastrophe assurée pour nous pauvres artistes qui peinons à nourrir nos familles.
Voulez-vous me faire croître que vous n’êtes pas riche ?
Absolument que je ne le suis pas ! Les gens apprécient l’album mais au lieu d’acheter les produits holographiés pour aider l’artiste, ils préfèrent le moins cher : le Cd piraté.

Quelle analyse faites-vous de la crise économique et financière qui secoue le Sénégal ?

La crise, elle n’est pas seulement sénégalaise elle est surtout mondiale. Tout est devenu cher alors ça se répercute dans l’économie de notre pays surtout quand on sait que nous sommes très dépendants des autres pays dans beaucoup de domaines. Cependant l’action du gouvernement devrait consister à amoindrir le choc avec des subventions et d’autres mesures d’accompagnement. Mais malheureusement tel n’est pas le cas et la population souffre terriblement. Comme je l’ai dit dans un de mes titres dans mon dernier album, qui parle de politique.

En dehors de la musique, développez-vous d’autres activités ?

Absolument ! Je profite de l’occasion que m’offrent mes tournées pour faire du commerce. Nous exportons des produits locaux tels que le couscous sénégalais, le bissap, le fonio et d’autres produits vers l’Espagne et ça marche bien. Nos parents qui sont dans les pays étrangers éprouvent souvent le besoin de s’alimenter en produits locaux et nous leurs en donnons la possibilité.

Des duos en perspective ?

Je prépare quelque chose avec Youssou Ndour qui se trouve être un parent. Et Inchallah, on verra le moment venu. Pour l’instant il m’est impossible d’en dire plus.

Carrière internationale ?

On a eu à sillonner beaucoup de villes françaises : Toulouse, Marseille, Paris et c’était pas mal du tout.

Quelles relations entretenez-vous avec les autres artistes ?

Formidablement bien. Ils sont tous des amis et on se respecte mutuellement et je pense que s’il y a ça dans toute relation, eh ben cette relation est appelée à durer. On note néanmoins parfois quelques discordes entre nous mais ceci est dû au caractère suspicieux qui nous est bien particulier nous sénégalais. On ne voit que le côté négatif d’autrui. « Parfois, j’ai bien envie d’aller voir un Massamba mais ce Massamba risque de voir cette visite d’un mauvais œil alors je me retiens ». C’est ce qui fait que les relations entre nous ne sont pas aussi bien entretenues. Chacun reste sur ses gardes.

Votre impression sur la musique sénégalaise d’aujourd’hui par rapport à celle d’hier ?

Je dirais que la musique en tant que telle a enregistré une nette amélioration contrairement aux chanteurs qui ont sensiblement régressé. N’importe qui maintenant se prétend chanteur alors que le métier n’est pas aussi facile que ça. Il faudrait vraiment qu’ils aillent revoir leurs textes car la musique ne ment pas. Ce qui vient du cœur entre forcément au cœur.

Côté jardin : Etes-vous marié ?

Oui j’ai deux femmes, des enfants, bref toute une famille que j’essaie d’éduquer suivant les préceptes de l’Islam ce qui est devenu vraiment difficile de nos jours avec la dégradation des mœurs.

Votre plat préféré ?

Du riz au poisson fumé…


Ndella NDOUR

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